Journées d’étude « Effets de présence et effets de réel dans les arts de la scène et les arts médiatiques » | 5 – 6 juin 2008


R é s u m é



Helga Finter

Vendredi 6 juin 2008 | 14 h 00 – 14 h 45   

  

Université Justus-Liebig, Giessen - Allemagne


La voix atopique : Présences de l’absence

L’unité conventionnelle du corps et de la voix, garantie par la présence de l’acteur sur scène, et, elle-même, garante du présent de sa représentation, a subi depuis bien plus de soixante ans les assauts d’un théâtre de l’art qui finit par remettre en question la notion de présence. Non seulement interrogée après 1945 par les radiophonies d’Artaud et, vingt ans plus tard, par l’introduction du magnétophone sur les planches par Beckett (Krapp’s Last Tape, That time, cette unité et son effet de présence est alors entamée avec l’évolution de la technologie – l’invention du microport, du vocoder et du sampler – à partir des années 1970. Un processus qui permet de citer sur les planches à la fois l’œil et la voix cinématographiques à travers l’utilisation de voix acousmatiques d’une part et de gros plan visuels et auditifs d’autre part. Le théâtre réagit et donne ainsi de nouvelles réponses à un phénomène de société dont l’horizon de la vocalisation et de l’idéal des images corporelles est influencé par les média. Ce que Brace Up du Wooster Group laissait entrevoir s’est accompli avec Les Aveugles de D. Marleau. C’est à partir de l’interpellation des pulsions scopique et invocative que se crée la présence de l’absence comme imaginaire. Mettre en scène cette absence de la présence peut aboutir à un théâtre sans acteurs (Stifters Dinge de H. Goebbels), où le spectateur devient metteur en scène de son propre imaginaire. À partir de ce constat, mon intervention interrogera ce qui fait effet de présence d’une voix, ses migrations entre corps et langage, la voix du théâtre psychique, ses hétérotopies, sa théâtralité et la dramatisation des ses origines hypothétiques.